Jan Krčil

Portrait

Jan Krčil

Pilote, instructeur, examinateur senior et passionné d’hélicoptères au point d’en perdre le sommeil.

Des modèles réduits d’hélicoptères cassés au cockpit de l’Airbus H145, en passant par le circuit de voitures miniatures le plus rapide du monde.

Je suis né le 6 janvier 1984 et, au départ, tout laissait penser que je deviendrais un informaticien tout à fait ordinaire. J’ai étudié dans un lycée de cybernétique appliquée, où je me consacrais surtout au développement de systèmes de bases de données. Mais le destin avait d’autres projets. Et surtout, un rotor.

J’ai grandi dans une famille où le modélisme faisait pratiquement partie du bagage obligatoire. Mon père est plusieurs fois champion du monde de courses de voitures miniatures sur circuit électrique. Il était donc assez naturel que je m’intéresse moi aussi aux modèles réduits. Sauf que moi, ce n’étaient pas les petites voitures qui me fascinaient, mais les hélicoptères.

J’ai donc commencé à faire voler des hélicoptères radiocommandés. Malheureusement, j’arrivais généralement à les casser bien plus vite que je ne parvenais à les réparer. Et comme le modélisme peut être un loisir coûteux, surtout quand on apprend principalement par essais et erreurs, j’ai préféré passer aux avions. Ils résistaient un peu plus longtemps.

Jan Krčil avec un modèle réduit d’avion radiocommandé
Jan Krčil avec un modèle réduit d’avion radiocommandé

Mais les hélicoptères ne m’étaient pas sortis de la tête. Peu à peu, j’ai cherché comment passer des modèles réduits au pilotage grandeur nature. Et grâce à l’immense soutien financier de mes parents et à leur confiance, j’ai trouvé ma voie. Sans eux, je ne serais probablement jamais entré dans le monde de l’aviation.

Comme beaucoup de pilotes d’hélicoptère débutants, j’avais alors les yeux tournés vers le secours aérien. L’idée de piloter un hélicoptère de secours me fascinait et a longtemps été mon objectif professionnel.

J’ai acquis ma première véritable expérience de pilote sur un Schweizer S269C, qui m’a accompagné tout au long de mes premières formations. Les AS355N et EC135 ont suivi. Mais avec l’expérience, j’ai commencé à comprendre que le secours aérien n’était peut-être pas ma destination finale. Et que le parcours que j’avais imaginé pouvait me mener tout à fait ailleurs.

Jan Krčil dans le cockpit de l’hélicoptère Schweizer S269C
Jan Krčil dans le cockpit de l’hélicoptère Schweizer S269C
Jan Krčil dans le cockpit de l’hélicoptère Robinson R44
Jan Krčil dans le cockpit de l’hélicoptère Robinson R44

Quand une licence de pilote ne suffit pas à trouver un emploi

Après l’obtention de ma licence de pilote professionnel, le retour à la réalité a été assez rapide. J’avais la licence, l’enthousiasme et l’envie de voler. Il ne me manquait qu’un petit détail : quelqu’un pour m’embaucher.

Je suis donc retourné quelque temps à l’informatique. Entre-temps, j’ai aussi appris à construire des circuits de course pour voitures miniatures. Pour mon premier grand projet, j’ai dirigé une petite équipe de menuisiers. Le résultat : un circuit devenu le plus rapide du monde. Aujourd’hui, il se trouve dans un club de modélisme à Chicago.

Le circuit de voitures miniatures le plus rapide du monde, construit par Jan avec une équipe de menuisiers
Le circuit de voitures miniatures le plus rapide du monde, construit par Jan avec une équipe de menuisiers

Ce n’est pas une ligne très courante sur le CV d’un pilote d’hélicoptère, mais au moins, j’ai la preuve que je sais construire quelque chose qui va vraiment vite. Même si ça ne vole pas.

Le tournant est venu lorsque j’ai eu l’occasion d’effectuer des vols d’inspection de pipelines. Ce travail m’a progressivement amené à la formation des pilotes, et j’ai obtenu ma qualification d’instructeur.

Pendant plusieurs années, j’ai ensuite travaillé comme instructeur indépendant dans différentes écoles de pilotage en République tchèque et en Slovaquie. J’ai notamment volé pour LPS à Roudnice nad Labem et à Skuteč, pour Nisa Air à Mladá Boleslav, pour T-Air à Hradec Králové, ainsi qu’à Spišská Nová Ves et à Dubnica nad Váhom.

C’est là que j’ai découvert quelque chose qui me plaisait peut-être encore plus que le pilotage lui-même : apprendre aux autres à voler.

Chaque élève était différent, chacun apportait de nouveaux défis, et chaque premier vol en solo était une petite victoire. Peu à peu, l’instruction est devenue mon activité professionnelle principale.

Comment un hélicoptère est devenu une entreprise

À mesure que j’accumulais les heures à bord d’hélicoptères d’école, j’avais une idée de plus en plus précise de l’appareil sur lequel je voulais former mes élèves.

Les hélicoptères couramment utilisés à l’époque pour la formation ne me convenaient plus à bien des égards. Je cherchais quelque chose de plus moderne, de plus robuste et, surtout, de bien adapté à une formation initiale de qualité.

Au moment même où l’on me proposait un poste de responsable pédagogique dans une école de pilotage, un nouvel hélicoptère français faisait son apparition sur le marché : le Guimbal Cabri G2.

Il m’a tellement intéressé que j’ai contacté directement le constructeur Hélicoptères Guimbal, avec l’idée d’introduire ce type d’appareil en République tchèque.

Peu après, le premier Cabri G2 tchèque, qui n’était que le 32e exemplaire construit, prenait la direction de la Bohême. Tonda Kabelka, de LPS, m’a beaucoup aidé à le mettre en service. LPS en a également assuré l’exploitation et l’entretien pendant les premières années.

Jan Krčil dans le cockpit de l’hélicoptère Cabri G2
Jan Krčil dans le cockpit de l’hélicoptère Cabri G2

Au fond, le projet de départ était assez simple. Je voulais un bon hélicoptère pour la formation.

Mais le constructeur nous a ensuite demandé si nous souhaitions également vendre le Cabri G2 dans notre région.

C’est ainsi qu’un seul hélicoptère a peu à peu donné naissance à un projet bien plus vaste.

Nous avons créé notre propre école de pilotage, obtenu un agrément de gestion du maintien de la navigabilité (CAMO), puis mis en place notre propre organisme de maintenance. Avec des collègues formidables, nous avons fait de LION Helicopters une société qui propose aujourd’hui une gamme complète de services aux exploitants d’hélicoptères dans toute l’Europe centrale.

Et même si nos activités vont aujourd’hui bien au-delà du seul pilotage, le Cabri G2 reste le cœur de notre entreprise.

Remise de l’hélicoptère Guimbal Cabri G2 dans le hangar
Remise de l’hélicoptère Guimbal Cabri G2 dans le hangar

De la formation aux vols VIP dans les Alpes

Parallèlement au développement de LION Helicopters, j’ai eu l’occasion d’élargir progressivement mon expérience à d’autres domaines du pilotage d’hélicoptère.

J’ai commencé par voler pour des propriétaires privés sur EC120. Plus tard, j’ai eu l’occasion de participer à la mise en service d’un Airbus H145 flambant neuf pour des vols VIP en transport aérien commercial.

Ce travail m’a ouvert les portes du vol dans une grande partie de l’Europe, notamment dans l’environnement montagneux exigeant des Alpes suisses, pour lequel j’ai suivi une formation spécialisée et obtenu la qualification correspondante.

Formation au vol en montagne dans les Alpes suisses

Il m’a aussi permis de rencontrer de nombreuses personnes intéressantes, de découvrir différents environnements opérationnels et, surtout, d’acquérir une expérience que je n’aurais jamais pu obtenir en volant uniquement dans le cadre d’une école de pilotage.

C’est précisément cette expérience que je m’efforce aujourd’hui de transmettre à nos élèves.

Et aujourd’hui, que fais-je ?

Aujourd’hui, vous me croiserez le plus souvent aux commandes d’un Guimbal Cabri G2, d’un Airbus H145, d’un EC120B ou d’un Airbus H125.

Un hélicoptère Airbus H145 à l’atterrissage sur une crête enneigée dans les Alpes
Un hélicoptère Airbus H145 à l’atterrissage sur une crête enneigée dans les Alpes

Je vole en transport aérien commercial, je forme des pilotes et, en tant qu’examinateur senior mandaté par l’Autorité de l’aviation civile, je fais passer des contrôles de compétences aux pilotes.

J’occupe également les fonctions de responsable pédagogique au sein de notre société LION Helicopters et de directeur des opérations aériennes hélicoptères chez ABS Jets a.s.

Ma carrière de développeur de bases de données a donc finalement pris une tournure un peu différente de celle que j’avais prévue. Mes connaissances en informatique me sont pourtant toujours utiles : simplement, au lieu de m’occuper uniquement de systèmes de bases de données, je gère aussi des hélicoptères, leur exploitation, leur entretien, la formation et tout ce qui va avec.

Et qu’est-ce qui me plaît le plus dans tout cela ?

Pouvoir allier le pilotage, la technique, le contact humain et la recherche constante de meilleures solutions. Et surtout, aider d’autres personnes à réaliser ce rêve qui était aussi le mien à mes débuts.

Car le chemin vers le pilotage professionnel n’est pas toujours une ligne droite. L’essentiel, c’est de toujours prendre plaisir à le parcourir.

Et, si possible, d’y casser moins d’hélicoptères que moi à mes débuts en modélisme.

Jan Krčil dans un simulateur d’hélicoptère Airbus H125
Jan Krčil dans un simulateur d’hélicoptère Airbus H125

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